INTERVIEW : À la rencontre de SURL, l’espoir du « nouveau rock coréen »

par Lucile TD

SURL, ce sont quatre amis qui se battent, un single à la fois, pour légitimer leur musique et imposer dans le divertissement ce qu’ils appellent eux-mêmes le « nouveau rock coréen ». Vous ne les connaissez pas encore ? La séance de rattrapage, c’est maintenant !

Vous vous connaissez depuis le lycée, comment se sont passés les débuts de SURL ?

On s’est tous rassemblé quand on avait 20 ans. Hanbin (basse) a envoyé un message à Hoseung (chant et guitare) pour lui demander de former un groupe. À l’époque, on commençait déjà à écrire quelques chansons. On a ensuite pris contact avec Myeongsuk (batterie) et Doyeon (guitare), et c’est comme ça que l’aventure SURL a commencé.

SURL s’oriente vers de nombreuses sonorités différentes, comme le rock britannique, était-ce naturel ou difficile de mélanger les genres au départ ?

Ça s’est fait tout naturellement. Le rock britannique est un genre musical que nous affectionnons, alors on écoute beaucoup de chansons dans ce style, et on le respecte. On peut dire qu’on s’est peu à peu fait influencé par la musique qu’on adore écouter.

L’un de vos objectifs est de représenter le nouveau rock coréen, pour vous quelle est la différence avec l’ancien ? S’agit-il justement d’une plus grande diversité ?

Hoseung : Dans le rock de l’ancienne génération, on retrouve beaucoup de distorsions (NdlR : effets sonores) sur les guitares et le chant est majoritairement plus aigu. Je pense que de nos jours, le rock est plus libre et peut simplement s’adapter à l’univers d’un artiste. Dans un sens, je ne pense pas qu’on a nécessairement besoin de catégoriser dans un genre précis la musique qui sort à notre époque.

Doyeon : Le plupart des gens perçoivent le rock comme un genre musical fort, avec plein de distorsions et de mouvement. Et c’est comme ça que le rock était avant. Cependant, de nos jours, le rock réunit tout un tas de styles différents. Selon moi, l’expression « musique faite par un groupe » convient mieux de nos jours que « rock ».

Votre nom signifie « l’histoire à raconter » et vous aimez partager vos expériences à travers votre musique. Quel impact sur les gens espérez-vous ?

Hoseung : Plutôt que d’avoir un impact, je dirais que je veux simplement que les gens sentent qu’ils ne sont pas seuls quand ils traversent une mauvaise période. Et j’espère que ce soutien restera ancré en eux pendant un long moment. C’est encore mieux si notre musique peut avoir une influence positive.

Hanbin et Myeongsuk : On espère que tout le monde puisse faire l’expérience et ressentir ce que nous-mêmes nous voyons et ressentons à travers la musique.

Doyeon : Je préfère que quelqu’un écoute une de nos chansons et l’apprécie pour ce qu’elle est, plutôt qu’elle ait un impact sur la personne.

Vous basez donc vos morceaux sur vos propres expériences, mais n’est-ce pas compliqué de garder son jardin secret en tant qu’artiste ?

Hoseung : Les gens autour de nous ne nous reconnaissent pas forcément très souvent, mais ça arrive qu’on nous cherche. On n’est pas encore arrivé au stade où il devient compliqué de préserver notre vie privée, mais j’espère que les choses ne se compliqueront pas à l’avenir. La violation de vie privée, ça fait du mal et ça sape le moral.

Myeongsuk : Il y a des moments où les gens me reconnaissent près de notre studio de répétition, mais jusqu’à aujourd’hui tout s’est très bien passé.

SURL lors d’une soirée

Vous avez rapidement gagné des récompenses musicales dans votre carrière, qu’avez-vous ressenti ?

Hoseung : Je trouve ça formidable et j’en suis sincèrement heureux. Encore aujourd’hui, c’est incroyable. Mais j’ai quand même envie de gagner en expérience, et je pense que je dois travailler toujours plus dur.

Hanbin : C’est très gratifiant, et je suis très fier quand je fais de la musique.

Doyeon : C’est incroyable, j’en suis vraiment reconnaissant.

Myeongsuk : On a juste créé la musique qu’on voulait, et au final on a gagné des récompenses et de la reconnaissance pour ça. Pour nous, c’était tout nouveau, et bien entendu ça nous a mis du baume au cœur.

Vous avez aujourd’hui pas mal de reconnaissance sur la scène K-Indie pour un groupe aussi jeune, qu’aimeriez-vous accomplir par la suite ?

Hoseung : Tout un tas de choses, c’est sûr. En premier, j’aimerais qu’on sorte tout de suite un album studio. On veut que plein de personnes aiment nos chansons, en Corée comme à l’étranger, pour pouvoir donner un concert solo dans une très grande salle, comme un stade.

Hanbin : Devenir le groupe le plus populaire de Corée.

Doyeon : Je veux créer une musique qui me satisfasse.

Myeongsuk : De mon côté, j’espère que SURL deviendra un groupe plus populaire sur la scène musicale.

Vous partagez vos expériences en studio avec vos fans à l’occasion de petites vidéos « Production Diary » sur vos réseaux sociaux, qui en a eu l’idée ?

Quand on a entamé notre carrière en groupe, on ne connaissait quasiment rien de la production vidéo, mais on s’y est mis après que des amis proches nous aient dit que ce serait sympa de tenir ce journal vidéo qui nous suit en studio. Comme ça, les fans peuvent écouter tout de suite une chanson une fois qu’elle est terminée. Si on leur montre comment nos chansons naissent, c’est beaucoup plus intéressant. C’est aussi très sympa pour nous de faire ces vidéos.

Quelle est la chanson qui véhicule le mieux l’état d’esprit SURL selon vous ? Est-ce aussi la chanson dont vous êtes le plus fier ?

Hoseung : Eh bien… On essaie beaucoup de choses différentes, alors je ne pense pas qu’une seule de nos chansons puisse représenter complètement notre identité, mais si je devais vraiment choisir, ce serait notre titre Snow.

Hanbin : Je pense aussi que la chanson qui représente le mieux l’essence même de SURL, c’est Snow. C’est clairement celle dont je suis le plus fier.

Doyeon : Pour moi, Ferris Wheel nous représente le mieux et me rend le plus fier.

Myeongsuk : Je pense à Stay Here, car elle montre toute les nuances de SURL, que ce soit au niveau des paroles, de l’énergie déployée ou de nos forces. Mais je dois avouer que ma chanson favorite est 9subways, je suis fier de ce qu’elle dégage par son rythme.

Il y a trois mois vous avez sorti une version « JAPAN LIVE Documentary » de la chanson Dry Flower, avez-vous des sentiments particuliers pour cette chanson ?

Hoseung : Dry Flower, c’est la chanson promotionnelle de notre second EP I Know. Pour moi, elle est très bien parce qu’elle se démarque de tout ce qu’on avait pu sortir avant. Elle est aussi populaire sur YouTube !

Hanbin : C’est une chanson que nous avons composé tous ensemble d’après l’une de mes histoires. Je leur ai raconté comment je m’étais fait largué au collège, mais je crois que je ne me suis toujours pas remis de ce sentiment de rejet.

Doyeon : Je l’aime beaucoup, et j’adore surtout la jouer.

Myeongsuk : Avant cette chanson, tous nos titres semblaient graves et très sérieux. Dry Flower est à l’opposé, elle est pleine de fraîcheur, de vie et de lumière, et c’est ce qui en fait un morceau auquel beaucoup de personnes peuvent s’identifier.

Parlez-nous de votre dernier single Ferris Wheel, à quoi fait référence cette chanson ?

Quand on monte dans une grande roue (NdlR : « ferris wheel » en anglais), on revient sans cesse sur le sol, et on repart vers le ciel. Cette chanson compare la Terre à la réalité, tandis que le ciel représente nos rêves et nos idéaux. Pour que Ferris Wheel sonne différemment, on a beaucoup réfléchi et on a essayé de nouvelles choses. Et nos idées sont bien ressorties. Cette chanson nous a offert l’opportunité d’aller vers de nouveaux horizons sur le plan musical.

D’autres nouveautés en préparation ?

En ce moment, on écrit autant de chansons que possible. On a vraiment hâte de travailler sur un album studio, mais aussi sur nos deux prochains EP et nos deux prochains singles. On espère du fond du cœur que nos fans sont aussi impatients que nous.

Quelle serait pour vous la prochaine grande étape de votre carrière ? Qu’est-ce qui se profile à l’horizon pour SURL ?

Pour nous, la prochaine étape de notre carrière ce sera notre second concert solo. On n’a pas pu s’en tenir au programme prévu (NdlR : en raison de la pandémie), mais on donnera ce show bientôt. À part ce concert, on aimerait intégrer la programmation de plus de festivals, pour étendre encore un peu plus notre public.

Un petit mot de fin pour K!World et ses lecteurs ?

Nous allons travailler plus dur que jamais pour pouvoir sortir de meilleures chansons et donner de superbes performances sur scène. S’il-vous-plaît, donnez-nous beaucoup d’amour. Tout le monde, restez en bonne santé ! Et K!World, merci beaucoup pour cette interview !

Crédits photo 📸 Happy Robot Records